In vino veritas

Le Guide du Vin. Les Classements et sélections des meilleurs vins de France, par Patrick Dussert-Gerber

12 septembre 2009

Le Palmarès des hommes et des femmes talentueux du Guide 2010

GUIDE DUSSERT GERBER 2005 EXELe vin, c’est bien, mais celui qui l’élève, c’est tout aussi bien. Pour moi, en effet, depuis 30 ans, la typicité d’un vin, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme. Ma nature me poussant à soutenir les hommes et les femmes qui partagent les mêmes valeurs, je suis toujours, aujourd’hui comme hier, passionné par ce “Sang de la Terre et du Ciel”, cette entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)... s’attachant à respecter à la fois une culture et une éthique. Il ne s’agit donc pas seulement de faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, mais surtout d’élever de vrais vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux. Ces vins-là, “chouchoutés” par des vignerons avec lesquels on aime partager un moment de plaisir, dans une gamme de prix unique au monde, sont de vraies valeurs sûres, certains crus l’étant déjà il y a bien longtemps, en 1980...

On ne peut aimer un vin qu’en appréciant celui qui le fait. Derrière une étiquette, il y a un viticulteur (ou une viticultrice) et c’est fondamental de ne pas les dissocier. Je sais tout-de-suite, lors de mes déplacements à travers les vignobles (et je passe l’année à faire cela) si un propriétaire est réellement passionné par son vin, ou non. Cela se “sent”.

 

Éthique, élégance, humilité

sont la signature commune des vrais vignerons

- Il n’y a pas de vin sans éthique. Cela consiste à ne pas se fourvoyer dans des opérations marketing extravagantes, ne pas se laisser prendre à la mode, qui, par définition, ne fait que passer (vite). Et c’est surtout respecter les consommateurs, ceux qui vous font vivre, sans les abreuver de prix surestimés ou de produits “sans âme, ni vertu”. L’éthique, c’est croire en soi, avoir la foi, des valeurs, c’est la fidélité.
- On ne peut pas faire un bon vin sans élégance. Elle est innée, inutile de vouloir se l’approprier. Je parle, bien sûr, de celle de l’âme. L’arrogance, la frime, sont des critères qui comptent pour décrypter les uns et les autres, dans toute les régions, du plus grand vin au plus modeste.
- Un vrai vin est signé par l’humilité. Et être humble, ce n’est pas de la fausse modestie. On peut être fier, conquérant, et avoir les pieds sur terre, c’est-à-dire ne pas se prendre pour le messie. Et des prophètes ou des gourous, on en voit pas mal dans notre milieu.

En trente ans, j’ai eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies, à la trahison comme au respect. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et poursuis ma ligne de conduite, en défendant les hommes et les femmes passionnés et passionnants. Ma force, c’est de ne pas être blasé, d’être objectif et subjectif (c’est la nature humaine), et d’avoir de la mémoire.

J’ai lancé mon premier magazine à 22 ans, bien avant que le vin devienne à la mode, édité le 1er Guide sur les vins (il s’appelait le Guide Secret des Vins, avant celui d’Albin Michel), et -déjà- suis tombé sous le charme de ces hommes et de ces femmes (pas de tous) qui élèvent les plus grands vins du monde, les nôtres, dans une gamme incroyable, car on se fait plaisir, grâce à beaucoup d’entre eux, avec des vins dont le rapport qualité-prix-typicité est particulièrement exceptionnel. Aucun autre pays ne peut en dire autant, et le talent de nos vignerons et vigneronnes est particulièrement irremplaçable. Bien sûr, il y a des producteurs imbus d’eux-mêmes, snobs, d’autres qui sont restés des paysans “parvenus”, d’autres encore qui, grâce à des moyens de communication financière, tentent d’imposer une belle image, etc... De ceux-là, on s’en moque !

C’est donc tout naturellement que j’ai décidé, en-dehors de mes Classements habituels qui distinguent la qualité des vins, de récompenser -aussi- le vigneron (ou ses enfants), sa fidélité, sa passion, son enthousiasme, sa joie de vivre, sa simplicité, au travers de ce “Top Vins” exceptionnel.

Tous les propriétaires du Guide n’y sont pas, bien sûr, et chaque année, ce Palmarès évoluera, d’autres entreront, quelques-uns sortiront, certains changeront de “Prix”, ou de hiérarchie... mais les places sont rares.

Ces hommes et ces femmes savent ce qu’ils ont à faire, se passent d’un magicien pour fabriquer une cuvée (très) spéciale, et ne perdent pas leur temps à frimer ou en jonglant avec leurs tarifs... Respectant les anciens, ils travaillent, connaissent la force de leur sol, se servent à bon escient des techniques les plus modernes, sans perdre leur âme. Ils ont des valeurs, aiment leur vin, comme moi, comme vous. Et c’est tout ce qui compte ! Ils seront donc particulièrement mis en avant dans le prochain MILLESIMES 2010 Spécial "LES VIGNERONS ONT DU TALENT".

Les Prix d’Honneur
Je les connais depuis quelque 20 à 30 ans (eux et/ou ceux qui les ont précédé, en ce qui concerne les marques et certains crus), certains ont été retenus depuis le 1er Guide (ou patiquement), ce qui -en soi- mérite un véritable “coup de chapeau”, tant il est difficile de se maintenir au plus haut niveau, chacun dans sa gamme, naturellement. Pour preuves, des milliers d’autres, à raison de 300 à 400 par an, ont été éliminés... Eux, associent le talent et la passion, sans se faire avoir par les modes... tout ce que l’on aime. Pas mal sont des amis.

Les Prix d’Excellence
D’autres grandes valeurs sûres, dans toute la gamme, dans le Guide depuis très longtemps. Ils sont également garants d’une régularité qualitative exemplaire et d’un attachement réel au terroir. Du grand art encore, chacun possédant son originalité. Pour certains, 3 ou 4 ans,  et ils atteindront le Prix d’Honneur.

Les Satisfecits
Les grandes satisfactions, ceux qui se distinguent depuis une dizaine d’années et dont le talent est confirmé. Ils peuvent prétendre au Prix d’Excellence.

Les Lauréats
Les coups de cœurs de l’année (ou des dernières années). Ils élèvent des vins typés, qui atteignent bien souvent le haut de leurs Classements respectifs. Du solide, qui peuvent également “monter” en Satisfecits.

Les Espoirs
Les coups de pouce, ceux qui méritent d’être soutenus, qui sont depuis peu dans le Guide. Ne pas confondre avec les nouveaux sélectionnés de l’année, qui doivent faire leurs preuves.

Le Top est © Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf pour les producteurs qui y sont retenus.

 

ALSACE

Prix d’Honneur
Claude Berger
Pierre Frick
Rémy Gresser
Robert Muhlberger
Charles Schléret

Prix d’Excellence
Paul Dussourt
Bernard Haegi
Armand Gilg
Louis Hauller
Georges Klein
Pierre Thomann
Famille Schaeffer-Woerly
Dominique Soller (Cave Hunawhir)

Satisfecits
Philippe Blanck
Famille Engel
Famille Frey
Famille Zoeller

Lauréats
Henri Brecht
Pierre Reinhart
Gérard Metz
Aline et René Simon

BEAUJOLAIS

Prix d’Honneur
Gérard Brisson
Famille Champagnon
Émile Chavagnat-Laneyrie
Michel Chignard
Pierre David
Georges et Franck Dubœuf
Pascal Dufaitre (Pizay)
Louis Durieu de Lacarelle
René Martin
Famille Méziat (Combe aux Loups)
Jean-Pierre Mortet
Michel Siffert
Michel Tête

Prix d’Excellence
Jean-Jacques Baronnat
Famille Donzel
Sylvie Dufaitre (Crêt Garanches)
Jean-Pierre Large (Cheysson)
Alain Michaud

 

Satisfecits
Thierry Doat (Boisfranc)
Gilbert Jomain (Puits de Besson)
Famille Rollet (Granit Doré)
Famille Rozier (Chatelard)
Thierry Sothier (Sain-Bel)

Lauréats
Famille David-Beaupère
Alain Dardanelli (Bel Avenir)
Famille Duc
Jean-Paul Guignier

BORDEAUX

Prix d’Honneur
Famille Appollot (Clos Trimoulet)
Odette Barreau (Certan de May)
Anthony Barton (Léoville-Barton)
Olivier Bernard (Chevalier)
Jean-Michel Bertrand (Béchereau)
Catherine Blasco (Hanteillan)
Famille Bon (Lugagnac)
Jean Boireau (Grands Jays)
Lionel Bord (Clos Jean)
François-Xavier Borie (Grand-Puy-Lacoste)
Nancy de Bournazel (Malle)
Jean-Baptiste Brunot (Piganeau)
Jacques Bussier (Mazéris-Bellevue)
Colette Bonny (Sigognac)
Bernard Bouche (Mauves)
Henri Cadillac (Taffard de Blaignan)
Philippe Castéja (Trottevieille)
Roland Charbonnier (Clos du Notaire)
Frédéric Le Clerc (La Tour de By)
Françoise Coussié-Giraud (Blancherie)
Jean Crampes (Gayon)
Famille Darnajou (Moines)
Philippe Darricarrère (Mendoce)
Jean-Bernard Delmas (Montrose, ex Haut-Brion)
Bernard Delol (Jura-Plaisance)
Jean-Françis Daney (Arche-Pugneau)
Guy Despujols (Lamothe)
Famille Dourthe (Maucaillou)
Famille Dubost (Fleur du Roy)
François Dubrey (Ardennes)
Marc Ducau (Loupiac-Gaudiet)
Norbert Égreteau (Clos Pélerin)
Famille Estager (La Cabanne)
Anne-Marie Facchetti-Ricard (Saint-Amand)
Louis Filippi (Boutillon)
Michel Garat (Bastor-Lamontagne)
Jean-Marie Garde (Clos René)
Denise Gasqueton (Calon-Ségur)
Famille Gasparoux (Ferrand)
André Giraud (Le Caillou)
Jean-Pierre Gorphe (Moulin Vieux)
Pierre-Gilles Gromand (Lamarque)
Claude Guinjard (Roquebrune)
Famille Jabiol (Cadet-Piola)
Jean-François Janoueix (Croix-Toulifaut)
Louis-Gabriel de Jerphanion (Moncets)
Famille Kressmann (La Tour-Martillac)
Famille Lamothe (Haut-Bergeron)
Bernard Laydis (Roc de Calon)
Famille Lévêque (Chantegrive)
Famille Liotard (Grand-Monteil)
Bernard Mallet (Haut-Maco)
Jean-François Mau (Brown)
Christian Moueix (Magdelaine)
Jean-François Moueix (Petrus)
Famille Musset (Saint-Pey)
Patrice Pagès (Fourcas-Dupré)
Famille Ouzoulias
Martine Palau (Laroche)
Famille Perrin (Carbonnieux)
Pascale Peyronie (Fonbadet)
Famille Quié (Rauzan-Gassies)
Paul Ragon (Le Tuquet)
Christiane Renon (La Galiane)
Philippe Robert (Tour du Roc)
Nicole Roskam (Cantenac)
Jean-Michel Robin (Les Heaumes)
Bruno Sainson (Laroque)
Max Silvestrini (Chéreau)
Famille Verdier (Brethous)
Famille de Vaucelles (Filhot)
Famille Vayron (Bourgneuf-Vayron)

Prix d’Excellence
Odile Audier (Grâce Dieu Les Menuts)
Famille Avril (Pascaud)
Philippe Baly (Coutet)
Nicolas Bailly (Clos Labarde)
Jean-Noël Belloc (Brondelle)
Famille Bernard (Lestage-Darquier)
Famille Beyney (Clos de Sarpe)
Marie-Christine Bondon (Pontac-Lynch)
Famille Bonhomme (Brouard)
Jean-Marie Bouldy (Bellegrave)
Philippe Boufflerd (Muret)
Lucette Bielle (Viaud)
Famille Boissonneau (Vieille Tour)
Jean Bouquier (Grandmaison)
Jacques Capdemourlin (Balestard)
Patrick Carteyron (Penin)
Daniel Cathiard (Smith-Haut-Lafitte)
Georges Dadda (Panigon)
Famille Dubois (Orisse du Casse)
Jean-Pierre Dubreuil (La Grenière)
Famille Dumeynieu (Roumagnac La Maréchale)
Henri-Louis Fagard (Cornemps)
Roger Fernandez (Gabachot)
Yvonne Foucard (Chêne-Vieux)
Marie-Cécile Fougère (Crain)
Dominique Fouin (Fontesteau)
Véronique Gaboriaud (Matras)
Frédéric Garde (Marchesseau)
Richard Grandeau (Lauduc)
Jacques Goudineau (Tour Saint-Pierre)
Philippe Genevey (La Marzelle)
Frédéric Garde (Marchesseau)
Famille Grégoire (Troquart)
Famille Le Grix de la Salle (Grand-Verdus)
Famille Labarthe (D’Arricaud)
Jean-Michel Lapalu
Famille Larrieu (Mailles)
Jean-Bernard Lleu (Roquegrave)
Famille Lignac (Guadet)
Denis Lurton (Desmirail)
Famille Marin (Canon-Chaigneau)
Famille Marque-Albert (Puyfromage)
François Masson-Regnault (Pic)
Famille Maulun (La Chataigneraie)
Dominique Maurèze (Grande-Barde)
Famille Médeville (Fayau)
Famille Le Menn (Haut-Saint-Clair)
Famille Méric (Bel-Air)
Jean de Monteil (Haut-Rocher)
Famille Pedro (Le Meynieu)
Florence Pineaud (Lardière)
Michel Pion (Anniche)
Xavier Piton (Belles-Graves)
Famille Rabiller (La Peyre)
Serge Ravat (Chapelle-Lariveau)
Famille Renouil (Brousteras)
Famille Riffaud (Souley-Sainte-Croix)
Gérard Teisseire (Rousset)
Philippe Tribaudeau (Mauvinon)
André Vincent (Grand Bos)
Bruno Vonderheyden (Malleret)
Famille Warion (Rose-Pourret)
Bernard Yaunet (Le Bosquet)
Famille Yung (Haut-Calens)

Satisfecits
Famille Ardurats (Magneau)
Famille Arnaud (Pomys)
Antoine Arrivet (Génisson)
Guy Bailly (Le Bourdieu)
Christian Barrère (Enclos Miqueu)
Pierre Bonastre (Hennebelle)
Maxime Bontoux (Tourteau-Chollet)
Famille Briolais (Haut-Mousseau)
Alain Cailley (Toulouze)
Famille Cazenave (Bois de Roc)
Famille Choquet (Lagrange Les Tours)
Denis Corre-Macquin (Macquin)
Bernadette Cottavoz (Grissac)
Famille de Courcel (Saint-Ahon)
Famille Curly (Parenchère)
Famille Demonchaux (Pierrail)
François Despagne (Grand-Corbin-Despagne)
Famille Despujol (Prieuré-Marquet)
Éric Duffau (Belle Garde)
Alain Dumon (Dumon-Bourseau)
Heather Van Ekris (Mille-Anges)
Famille de Fontenay (Castegens)
Jean-Paul Garde (Grand Ormeau)
Vincent Le Grelle (Tuillerie des Combes)
Pierre Ginelli (Siron)
James Grégoire (La Rivière)
Famille Lallement (Thuron)
Famille Lescoutra-Miquau (Fourcas-Dumont)
Denis Levraud (Tour de Collin)
Famille Leydet (Valois)
Jean Magne (Luchey-Halde)
Luc Monlun (Chalet de Germignan)
Alain Moueix (Mazères)
Michel Pélissié (Maison Noble)
Famille Perromat (Cérons)
Famille Ponsar-Mahieu (Tour-Marcillanet)
Famille Richert-Boutet (Vieux-Pourret)
Philippe Rivière (Clos des Menuts)
Jean-Loup Robin (Gontet-Robin)
Jean-Claude Rocher (Vieux Château des Rochers)
Famille Sendrey (Haut-Claverie)
Pascal Sirat (Panchille)
Jean-Luc Soubie (Lisennes)
Maurice Velge (Clauzet)

Lauréats
Éric Barrat (Pont Les Moines)
Bernard Bessède (Vaisinerie)
Famille Bideau (Petit Boyer)
Famille Billon (La Garelle)
Philippe Bourcier (Haut-Bourcier)
Famille Bouscasse (Cantinot)
Famille Boyreau (Piron)
Famille Cardoso (Haut-Beynat)
Régis Chevalier (Haut-Cruzeau)
Famille Conte (Plantier Rose)
Sylvie Courreau-Fompérier (Guillemin La Gaffelière)
Famille Delpech (Gadras)
Françoise Descamps (Vieux Montagne)
Jean Dufour (Simon)
Éric Dupuy (Gros Caillou)
Famille Fourcaud-Laussac (Laplagnotte-Bellevue)
Famille Galineau (Bellevue-Favereau)
Famille Gallier (Reynats)
Famille Gautey (Masson)
Nicole Godeau (Peyfaures)
Famille Hebrard (Graves de la Laurence)
Famille Jean (Beauvillage)
Famille Julien (Fleur Morange)
Gaëtan Lagneau (Petit Bocq)
Famille Landry (Saint-Agrèves)
Famille Loubry (Valguy)
Catheine Leymarie (Puy-Razac)
Didier Meneuvrier (Croix-Davids)
Moïse Ohana (Seguin)
Famille Plantade (Haut-Plantade)
Serge Playa (Esteau)
Odette Pommier (Darius)
Famille Pontallier (Laubertrie)
Henri Ponz (Berthenon)
Claude Pourreau (Les Moines)
Max de Pourtalès (Doyac)
Famille Prince (Clos des Prince)
Corinne Reulet (La Tour Blanche)
Guy Richard (Cadet-Bon)
Alain Roses (Haut-Bellevue)
Famille Rouvière (Bernardon)
Dominique Turtaut (Rougemont)

Espoirs
José Bueno (Argilus du Roi)
Famille Brimaud (Bergère-Brimaud)
Famille Dufourg-Landry (Graviers)
Noëlle Galland (Brague)
Florian Gaury (Lavallade)
Thomas Guibert (Ferrand)
Jean-Bernard Lleu (Granges d’Or)
Famille Lopez (L’Hermitage)
Paul-Henry Nerbusson (Lagarde)
Pascal Pobeda (Farguet)

BOURGOGNE

Prix d’Honneur
Guillaume d’Angerville
Pierre Amiot
Michel Ampeau
Charles Audoin
Denis Blondeau-Danne
Jacques Carillon
Michel Chevillon
Bernard Dubreuil-Fontaine
Famille Doudet-Naudin
Frédéric Esmonin
Stephen Gélin
François Lamarche
Michel Laroche
Famille Mussy
Jean-Marie Naulin
Famille de Nicolay (Chandon Briailles)
Famille Pinson
Dominique Prieur-Brunet
Michel Prunier
Marie-Ange Robin
Jean de Surel (Rebourseau)
Gérard Tremblay
Patrick Virely-Rougeot
Gérard Vitteaut

Prix d’Excellence
Michel Bardet (Albert Grivault)
Philippe Billard-Gonnet
Paul-Henry Borie (Bruyère)
Thierry Brouin (Clos Lambrays)
Bernard Chapelle (Clos Bellefond)
Daniel Dampt
Jean-Pierre Diconne
Hervé Félix
Alain Geoffroy
François Gerbet
Dominique Guyon (Antonin Guyon)
Famille Jaffelin
Famille Jomain
Famille Joliot
Famille Laleure-Piot
Jean-Yves Larochette (Pérelles)
Philippe Leclerc
Roger Luquet
Éric Marey (Pierre Marey)
Famille Michaut (Poulette)
Sylvain Mosnier
Jean-Paul Paquet
Famille Parize

Satisfecits
Famille Berthaut
Étienne Boileau (Chardonnay)
Marc Brocot
Laurent Camus (Cave Connaisseur)
Famille Capron-Charcousset
Famille Coquard-Loison-Fleurot
Philippe Delagrange
Gérard Doreau
Jean-Marc Dufouleur (Monts-Luisants)
Jean-Jacques Girard
Jean-François Glantenet
Jean-Pierre Guillemot
Olivier Heimbourger
Bastien Margaret (Henri Richard)
Alain Patriarche
Philippe Protheau
Famille Thomas (Clavelier)
Famille Vallet (Pierre Bourée)
Thierry Violot-Guillemard

Lauréats
Famille Bachelet
René Cacheux
Famille Duroché
Jean-Christophe Grandmougin
Stéphane Magnien
Marc Rougeot

Espoirs
François Bertheau

CHAMPAGNE

Prix d’Honneur
Paul Bara
Famille de Billy (Pol-Roger)
Jacques Busin
Famille Cointreau (Gosset)
André Delaunois
Famille Ellner
René Geoffroy
Famille Gimonnet (Pierre Gimonnet)
Famille Gonet (Gonet-Sulcova)
Claude Hamm
Rémy Krug
Guy Larmandier
Pascal Leclerc-Briant
Famille Legras-Haas
Famille Lhopital (De Telmont)
Thierry Lombard
Pierre Mignon
François Peters
Jean-Claude Rouzaud (Roederer)
René Rutat
Famille Taittinger

Prix d’Excellence
Anne-Charlotte Amory (Charles Heidsieck)
Claude Baron (Baron-Albert)
Luc Busin
Famille Cadel (Guy Cadel)
Jean-Marc et Céline Charpentier
Famille Chiquet (Gaston Chiquet)
Philippe Cheurlin (De Lozey)
Éric Coulon
Michel Drappier
Harard Fringhian (Château Boursault)
Marie Gillet (Devaux)
Stéphane Jacquet (Clérambault)
Michel Labbé
Daniel Laurent-Gabriel
Famille Margaine
Bruno Mignon (Charles Mignon)
Famille Morize
Charles Philipponnat
Famille Royer
Érick de Sousa
Alain Thiénot
Maurice Vesselle

Satisfecits
Famille Arnould (Ralle)
Audoin de Dampierre
Pascal Bardoux
Ignace Baron (Baron-Fuenté)
Jean-Louis Bonnaire
Patrick Boivin (Vincent Astrée)
Franck Bonville
Famille Bourdaire-Gallois
Lionel Chardonnet
Famille Coutier
Paul Dangin
Philippe Dumont
Thierry Fluteau
Michel Genet
Christian Jojot (Marquis Pomereuil)
Pierre-Éric Jolly
Philippe Gimonnet-Gonet
Pierre Gobillard
Famille Gruet
Nathalie Michel (Wirth-Michel)
Jean-Michel Pelletier
Benoist Perseval-Farge
Daniel Prin
Delphine Prévoteau-Perrier
Bertrand Robinet (Michel Lenique)
Arnaud Vautrain-Paulet
Xavier Thévenet (Thévenet-Delouvin)
Famille Vollereaux

Lauréats
Rémi Ariston (Aspasie)
Patrick Arnould (Michel Arnould)
Hugues Bourgeois
Famille Bourgeois-Boulonnais
Christian Bourmault
Famille Boutillez-Vignon
Alain Brixon
Daniel Caillez
Jean-Yves de Carlini
Luc Dérouillat
Jocelyne Dravigny (De Castelnau)
Famille Faniel-Filaine
Famille Fenouil-Pointillart
Marie-Paule Gatinois
Famille Gaudinat-Boivin
Famille Goussard-Dauphin
Sylvie Lancelot (Lancelot-Royer)
Famille Lassalle-Hanin
Famille Massin
Jean Michel
Olivier Piazza (Beaumont des Crayères)
Famille Robert-Allait
Pascal Simart-Moreau
Famille Vergnon

Espoirs
Denis Bonnet-Gilmert
Éric Bunel
Famille Bouché
Frédéric Maletrez
Benoît Paillard

JURA-SAVOIE

Prix d’Honneur
Jean Macle
Jean Perrier

Lauréat
Michaël Grosjean (Lucey)
Famille Mollex
Famille Vullien

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Prix d’Honneur
Famille Antech
Famille Augustin (Fabas)
Famille Gualco (Étang des Colombes)
Aimé Guibert (Daumas-Gassac)
Famille Laboucarié (Fontsainte)
Pierre Martinolle
Laurence Rigal (Grand-Caumont)
Famille de Thélin (Blomac)

Prix d’Excellence
Marie-Geneviève Boudal (Peyregrandes)
Jean-Noël Bousquet (Grand Moulin)
Famille Chamayrac (Mire-L’Étang)
Famille Chichet
Pierre Escudié (Nidolères)
Famille Gaujal (Pinet)
Raymond Miquel (Barroubio)
Marc Remaury (Pech André)

Satisfecits
Jérôme Bertrand-Bergé
Famille Birot (Saint-Martin-des-Champs)
Famille Bonfils (Vaugelas)
Famille Guy (Malautié)
Hervé Levano (Casa Blanca)
Famille Mégé (Reynardière)
Famille Palu (Mas du Novi)
José Pujol (Mas Rous)
Famille Quincarlet (Familongue)

Lauréats
Famille Bourgne (Madura)
Véronique Cuculière (Mingraut)
Famille Hebraud (Villemagne)
Gilles Nouaille (Riousses)
Famille Pacaud-Chaptal (Croix Chaptal)
Famille Pagès (Clotte-Fontane)
Famille Serris (Pique Perloup)
Famille Vogel-Hürlimann (Bourdic)

Espoirs
Roger Bertrand (Longueroche)
Famille Rambier (Haut-Lirou)

PROVENCE-CORSE

Prix d’Honneur
Michel Bronzo (Bastide Blanche)
Famille Bunan
Jean-Louis Charmolüe (Romanin, ex Montrose)
Georges Delille (Terrebrune)
Jean-Luc Dumoutier (Olivette)
Mireille Ferrari (Malherbe)
Claude Jouve-Ferec (Lafran-Veyrolles)
Guy Tyrel de Poix (Peraldi)

Prix d’Excellence
Gérard Biancone (Rasque)
Alain Combard (Saint-André Figuières)
Jean-Louis Monzat (Cabran)
Michel Raoust (Maestracci)
José Salinas (Sauveuse)
Famille De Wulf (Jas d’Esclans)

Satisfecits
Gérald Lattugoni (Celliers Ramatuelle)
Baronne de Montrémy (Fontlade)
James de Roany (Beaulieu)
Famille Sumeire
Famille de Victor (Sanglière)

Lauréats
Laurent Bologna (Tournels)
Famille Di Placido (Loou)
Jean-Louis Masurel (Trians)
Sophie Moquet (Crémade)

Espoirs
Magali Laget (Rouillère)
Éléonore de Sabran-Pontevès (Lansac)

PÉRIGORD-SUD-OUEST

Prix d’Honneur
Philippe Bernède (Coutale)
Denis Capmartin (Barréjat)
Famille Chigé (Cru Lamouroux)
Françoise Dartigalongue
Famille Loisy (Péroudier)
Jean-Pierre Martrenchard (Le Mayne)
Jacques Mournaud (La Plante)

Prix d’Excellence
Annie Caussé (Bouscaillous)
Pierre Philippe (Vignerons de Buzet)
Germain Lescombes (Paillas)
Jean-Pierre Raynal (Souleillou)
Famille Ressès (Caminade)

Satisfecits
Famille Borderie (Bourguet)
Famille Couture (Eugénie)
Famille de Faramond (Lastours)
Agnès Gervais (Pialentou)
M. Grelaud (Cave Marmandais)
Jacques Maumus (Cru Paradis)
Mogens Olessen (Lécusse)
Famille Pieron (Bovila)
Jean Sentilles (Pichard)
Éric Swenden (Gautoul)
Claude Vidal-Hurmic (Borderie)

Lauréats
Famille Delpech (Lavaur)
Maradenne Guitard (Nozières)
Famille Jegerlehner (Ménard)
Éric Lépine (Rhodes)
Luc Luyckx (Famaey)

Espoirs
Jean Labroue (Roches)
Philippe Lejeune (Chambert)
Antonin Nicollier (Pouyardin)
Marc Penavayre (Plaisance)

VAL DE LOIRE

Prix d’Honneur
Jacques Beaujeau (Varière)
Paul Buisse
Jean-Pierre Chéné (Ambinos)
Robert Chéreau
Pierre Couly
Famille de Colbert (Brézé)
Jean Dabin
André Dezat
Jean-Marie Dozon
Pascal Gitton
Jean-Marie Leblois
Famille Malbète
Famille Mardon
Henry Marionnet
Patrice Monmousseau (Bouvet)
Michel Morilleau
Henry Natter
Famille Pabiot
Édouard Pisani-Ferry
Marie-Pierre Raffault
Thierry Redde
Jean-Jacques Teiller

Prix d’Excellence
Nicolas Brock (Sarry)
Famille Champeau
Patrick Coulbois
Bruno Denis (Renaudie)
Laurent Dézé (Petite Chapelle)
Famille Dumange (Clos de L’Épinay)
Famille Duveau (Guilloterie)
Michel Fardeau
Lionel Gauthier-Lhomme (Viking)
Alain Gourdon (Beauregard)
Famille Jamet (Vigneau)
Famille Laroche (Roche aux Moines)
Jean-Christophe Mandard
Famille Petiteau (Tourlaudière)
Famille Ratron (Clos Cordeliers)
Jean-Max Roger
Famille Sourdais (Bouchardière)
Marc Vincent (Paleine)

Satisfecits
Thierry Almirault (Clos des Quarterons)
Jean-Paul Balland
Francis Blanchet
Jean-Charles Borgnat (Commanderie)
Famille Charbonnier
Famille Chevreau
Famille Davault (Chaise)
Christophe Denoël (Caves Pouilly)
Famille Filliatreau
Famille Gilbon (Beaurepaire)
Famille Gouron
René Lamothe (Trottières)
Famille Landrat-Guyollot
Famille Rézé (Jarnoterie)
Famille Mourat (Marie du Fou)
Philippe Pichard (Chapelle)
Famille Pitault-Landry (Les Pins)
Famille Poiron (Poiron-Dabin)
Marc Rideau (Amandiers)
Michel Thomas
Famille de Saint-Venant (Valmer)

Lauréats
Famille Aubert
Famille Barillot
Famille Bonnard (Congy)
Pierre Picot (Chaillot)
Anne-Cécile Roy

Espoirs
Catherine Nolot (Rochettes)
Yves Provost

VALLÉE DU RHÔNE

Prix d’Honneur
Jean Abeille (Mont-Redon)
Jean-Jacques Dost (Cave Rasteau)
Louis Drevon
Christian Gély (Champ-Long)
Jean-Pierre Margan (Canorgue)
Famille de Menthon (Redortier)
Jérôme Quiot (Vieux-Lazaret)
Baron Le Roy (Fortia)
Théo Théodosiou (Cave Visan)

Prix d’Excellence
Famille Alary
Famille Brun (Juliette Avril)
Famille Chamfort (Verquière)
Famille Mathieu
Françoise Simon (Moulin Pourpré)

Satisfecits
Daniel Archambault (Croix Blanche)
Bernard Callet (Coudoulis)
Famille Mendez (Beauvalcinte)
Famille Monteillet (Montine)
Famille Valayer (Deurre)
Denis Vinson (Moulin)

Lauréats
Famille Besnardeau (Grands Bois)
Denis Grangeon (Parandou)

Espoirs
Famille Nicolet (Chante-Perdrix)

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09 novembre 2008

Votre Guide des Vins dédicacé !

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Top Champagne

J’aime le Champagne, et il faut le considérer comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans mon Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité.

Le Champagne a donc franchi les simples barrières du luxe et de la fête pour devenir un vin à part  entière. Tant mieux, car, la force du terroir est réelle ici et vient s’allier à cet art exceptionnel de l’assemblage que chaque vigneron ou maître de chai va marquer de sa “patte”, créant une bouteille unique, que personne n’a réussi à égaler, partout dans le monde, où l’on ne fait que des mousseux...  Qu’elles dégagent des notes de chèvrefeuille, de rose ou d’abricot, qu’elles développent en bouche les nuances de noisette, de brioche ou de fruits mûrs, les cuvées sont plus passionnantes les unes que les autres, dans une large gamme, alors que l’image de marque n’est plus suffisante, la régularité qualitative et les prix, justifiés (ou pas), faisant la différence.

Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

Comme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certaines négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques – caves coopératives ou négociants – cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive…

Mon Classement 2009 est donc un vrai coup de cœur, entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des prix justifiés (ou pas) qui comptent. Ce Classement, cette hiérarchie plutôt, vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative, qu’ils élèvent des cuvées de grande régularité, de la plus prestigieuse à la plus sympathique, sans comparer ce qui ne l’est pas, depuis des générations ou simplement depuis 10 ans... Voir les meilleurs vins de l'année.

Les Premiers Grands Vins Classés
Il y a 22 maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de main), et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps (ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela), d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 e, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile.

Aux côtés de maisons incontournables (Charles Heidsieck, Gosset, Alfred Gratien...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, De Sousa, Ellner, Veuve A. Devaux et Pierre Peters). Trois autres sont à leurs côtés cette année : Geoffroy, Philipponnat, De Venoge.

Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2009, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent.

Les Deuxièmes Grands Vins Classés
C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite.

Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des prix remarquables (Paul Bara, Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Bonville, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet, Rutat...), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage.

À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Pierre Arnould, Hamm, Bonnaire, Mandois, Ralle, Gimonnet, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Jacques Busin, Legras et Haas, Bourgeois, lLaurent-Gabriel, Fleury, Collard-Chardelle, Michel Lenique, Daniel Caillez, Prévoteau-Perrier ...).

Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, De Castelnau, Marquis de Pommereuil, Beaumont des Crayères, Clérambault...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques beaucoup plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées navrantes...

À la suite, une bonne centaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...

Les Troisièmes Grands Vins Classés
La plupart devraient monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, car leurs cuvées n’ont pas encore pu être suivies sur plusieurs années. Le rapport qualité-prix est très abordable, avec des bouteilles qui se font parfois un malin plaisir de détrôner des marques plus connues dans les dégustations.

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08 mars 2008

MILLÉSIMES 2008 est paru !

Mill_simes_Couv Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie… Il y a trois paramètres qui font la différence :

- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires…), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges…), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse…), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises…), etc.

- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.

- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.

Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux.
C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité… La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.

Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes… et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration…).
Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.

Merci de votre fidélité.

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31 décembre 2007

VinoVox, c'est parti

Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir :


Le premier magazine Webvin

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29 décembre 2007

My Space

J'ai ouvert mon espace sur My Space en Novembre. Il est personnel, c'est-à-dire que j'y aborde mes passions, notamment l'art contemporain (mon épouse Brigitte et moi projettons l'ouverture d'un "espace" d'art moderne à Auros), la musique, le cinéma et la littérature. Plus d'une centaine d'ami(e)s (112, à ce jour) sont déjà venus me rejoindre, français, italiens, américains, canadiens, belges, artistes, compositeurs, peintres..., j'ai déjà réservé des tableaux, hésite sur une sculpture, ai promis d'aller voir un concert... On se doute que c'est un média exceptionnel pour tisser des liens et partager son expérience. Très agréable, très enrichissant. Le Net, c'est cela, avant tout.

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16 octobre 2007

20 sur 20 ?

Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tout les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?),  la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), l'iPhone, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé ou Jospin), de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?

De quoi aussi être content de partager tout cela avec les milliers d'internautes qui nous lisent et, de plus en plus, nous liront, puisque, je le rappelle, nous sommes référencés en 8e et 12e positions dans Google sur plus de 5, 3 milliards (vous lisez bien)... Bon courage à nos concurrents, qui parlent beaucoup dans les chaumières mais sont invisibles sur le Net, le 1er -et seul- média vraiment grand public et mondial, et demain bien plus qu'aujourd'hui.

Posté par PDG56 à 22:07 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Merci Google

       Il y a quelques jours, je vous confirmais l'exceptionnel record avec l'un de nos derniers sites : 20sur20, sur Yahoo, nous étions déjà en 4e position sur plus de 275 millions de sites.

Aujourd'hui, c'est l'apothéose sur Google (89% du marché, leader mondial) : quand on tape simplement 20 sur 20, nous sommes 8e, 9e et 12e sur plus de 5, 560 MILLIARDS !!!

Ce résultat rarissime est lié à un "melting-pot" de notre action sur le Net, avec mon nouveau blog Perso 20 sur vin ? et les créations de :
http://20sur20.info

http://blog.20survin.net/
http://blog.20vin.info/
http://blog.20-20.fr/
http://blog.20-sur-vin.com/
http://blog.vin-sur-20.com/
http://blog.tv20.fr/
http://blog.vinsur20.eu/
http://blog.vin-sur-vin.eu/
etc, etc...

Posté par PDG56 à 22:07 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2007

Parution du Guide 2008

CouvParticipez aux débats sur AgoraVox et NaturaVox, dans lequels cet article vient d'être publié :

http://www.agoravox.fr

http://www.naturavox.fr

Alsace
Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).

Beaujolais
La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. Pour s’en apercevoir, il suffit d’objectivité, d’un minimum de connaissance du terrain, de modestie et de partager l’amour du vin comme le font les producteurs du Guide. Le 2006 est réussi mais délicat à maîtriser, le 2005 est très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. En Jura et Savoie, de nombreux coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la plus grande complexité.

Bordeaux
Attention aux prix des grands crus 2005, il faut savoir choisir et ne pas se faire avoir.
- Dans le Médoc, la priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour le 2005. Misez sur les 2004 et 2002, voire 2001, très classiques, encore trop jeunes à boire, et faites-vous plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90.
- Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000, superbe.
- À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix. On partage avec les propriétaires retenus dans le Guide le plaisir du vin, la modestie face à la force de la Nature, et cette convivialité propre à la région. Beaux millésimes 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Comme dans l’ensemble du bordelais, débouchez les millésimes 2000 à 90 en ce moment.
- Du plus grand vin au plus abordable, on savoure, du nord au sud de cette “entité” des Graves, une variété importante de styles de vins. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2005 à 2001, confirment mon Classement des valeurs sûres, celles où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, comme à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité. Les blancs 2004, 2001, 2000, 98 ou 97 sont excellents.
- Il y a de tout dans ces appellations de Côtes, de grands vins racés et typés comme nous les aimons et d’autres cuvées qui font la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Il s’agit donc de savoir miser sur les hommes et les femmes qui le méritent, assumant la grande tradition bordelaise depuis des années. Misez sur les millésimes 2005 à 2000, avec l’opportunité du 2004.
- Mon soutien à l’appellation des Bordeaux Supérieur ne date pas d’hier. Mes dégustations des millésimes 2005 à 2000 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 98 ou 96, excellents actuellement.
- A Sauternes, l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération. Terroir oblige, les crus développent leur propre spécificité, certains très liquoreux, d’autres tout en finesse, et les prix sont largement justifiés quand on connaît les efforts et la patience des propriétaires. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 2001, 99 ou 98 sont de toute beauté. Le 2003 est réussi, certainement moins typé, et le 2004 particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 96, 95 ou 89, où l’on atteint le grand art.

Bourgogne
Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. Élever un grand vin, en effet, c’est être aussi capable de le partager avec passion et humilité, et cela ne s’apprend pas. Voici donc ces vignerons talentueux et passionnés que je soutiens, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent largement justifiés, d’autant que les millésimes 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 atypique. Le grand 2005 suit le 2004, dans les 2 couleurs, et demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85. Attention, les prix remontent, et certains en profitent trop, ce quyi explique ma sévérité cette année.

Champagne
On est vraiment au sommet dans la région. Mon Classement est encore remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade… Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence. Certains “vieux” millésimes sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables cuvées à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le sucès de la région.

Languedoc
Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines “renommées” bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches. Les millésimes 2004 et 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux.

Provence
Il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse. L’influence des millésimes est beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série 2004, 2003, 2002 (un ton en-dessous) et 2001. Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin (2005 superbe).

Sud-Ouest
S’il s’agit de faire attention aux “microcuvées” qui apparaissent, pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachent ici à élever des vins racés comme nous les aimons. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 99, 95 ou 86) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Les millésimes 2004, 2003 et 2001 sont des réussites. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 95 ou 90).

Val de Loire
De la Touraine au Pays Nivernais, du Pays Nantais à l’Anjou-Saumur, la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable et tout concourt au plaisir du vin. Les hommes élèvent des vins à leur image. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur. Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005 très typé, très prometteur.

Vallée du Rhône
De Vienne en Avignon, les vins rouges et les blancs, du plus prestigieux au plus méconnu, sont denses, racés et chaleureux, et, pour la plupart, bénéficient d’un très beau rapport qualité-prix-typicité. Viennent alors se rejoindre la convivialité, le terroir, et la main de l’homme, qui font toujours la différence. Le millésime 2003 est parfois très mûr, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très classique, très réussi. Il faut aussi prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 98, 95, 90 ou 85, voir la Vintage Code ©, page 37.

© Voir le GUIDE DUSSERT-GERBER DES VINS DE FRANCE 2008 (Editions Albin Michel).

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07 mai 2007

Lutter contre la mondialisation du goût

Le milieu du vin possède une éthique. Nous aussi, nous avons une éthique : elle s’exprime au travers de notre respect pour le consommateur, pour nos lecteurs, pour les amateurs, pour les jeunes comme pour les moins jeunes, en sachant bien que l’apprentissage des vins, l’information, demandent du temps, de l’argent, de la patience, de la passion, de l’intérêt. Cette éthique s’exprime aussi en défendant les vignerons passionnés et passionnants. On comprend qu’il y a aujourd’hui deux mondes du vin, deux options : l’une où l’éthique prime, l’autre purement commerciale. D’un côté donc, il y a des marchands ou des opportunistes qui font des vins standardisés ou "putassiers" en prenant les consommateurs pour des idiots. En face, n’importe quel vigneron digne de ce nom, comme un autre artisan, un fromager, un boulanger ou un artiste vous le dira : même si l’on doit en vivre, et donc le vendre le mieux possible, on ne peint pas un tableau pour plaire, on n’écrit pas un roman ou on ne compose pas une œuvre musicale uniquement pour vendre, mais parce que l’on est inspiré et que l’on a des idées et des convictions. Il faut savoir choisir entre le fait d’encenser les vins "dopés" et celui d’aimer les vrais vins, tout simplement, ceux dans lesquels on retrouve aussi bien la force du terroir que la main de l’homme.

On se bat contre la mondialisation de la "malbouffe", et pour le vin c’est encore plus fondamental et plus réel. Un vin français ou étranger qui n’est fait qu’à l’aide de vinification ultra-sophistiquée n’a aucun intérêt. Quel sens cela a-t-il de ne mettre en avant que le côté technique ? Ce n’est pas un gage de qualité, et encore moins celui de laisser s’exprimer la Nature que d’utiliser à tort et à travers des techniques à manier avec beaucoup de précaution. Certes, les vins ont changé (pas tant que cela, en fait), se sont assouplis, se sont dépoussiérés de leurs mauvais goûts et sont beaucoup plus garants d’une véritable régularité qualitative. Pourtant, celle-ci ne doit pas être, comme se plaisent à le faire certains, l’occasion de dépersonnaliser les crus, de "lisser" les terroirs, sous prétexte de glaner des bonnes notes auprès de tel ou tel "critique" du moment. Un vin digne de ce nom, c’est simplement un vin qui procure du plaisir, un moment où l’esprit et le corps sont en osmose, la même que peut inciter un regard devant toute autre forme de beauté et de création, artistique, philosophique, humaine ou sportive.

LE RESPECT DES AUTRES EN REJETANT L’INDÉCENCE

En parallèle, on est loin du temps de l’arrogance (voir aussi Introduction Bordeaux). Il faut avouer qu’il devient risible (une sorte de fin de régime) de constater que quelques-uns, qui proposent un vin trop cher, en perte de marché, sont encore dans une démarche où l’on se moque des consommateurs. On voit que certains grands chefs en reviennent (c’est tout à leur honneur) comprenant que l’on ne peut plus, aujourd’hui, continuer de vendre des plats à des prix indécents. Il en va de même dans le vin, à l’exception de quelques très rares bouteilles (une dizaine ? ) qui nagent dans un monde de luxe et non plus dans celui de la bouche, là où le prix n’est plus le simple révélateur de qualité. L’époque n’est plus à la frime, et ceux-là doivent accepter de faire comme les autres, c’est-à-dire de "mouiller la chemise" pour vendre leurs produits. Terminés les acquits. Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques grands crus dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire des soucis.

Je connais plus de 3000 vignerons, dont un non nombre que je respecte, même s’ils sont absents du Guide. Les producteurs de vin qui ne pensent qu’à augmenter leur prix, à récolter une bonne note en maquillant leur vin, à adapter un vin selon la mode, n’ont aucun intérêt. À quoi bon faire un vin sans plaisir ? Ne vaut-il pas mieux encenser l’effort et le talent que la "gonflette" et la triche ? Quel est le champion le plus estimable : celui qui se "dope" ou celui qui gagne parce qu’il est le meilleur ? Élever un vin, c’est faire preuve d’humilité. L’humilité, c’est une nature, pas un objectif de marketing. Il y a des producteurs de vins très chers qui méritent le respect. D’autres se croient supérieurs aux autres, et le montrent.

DÉFENDRE LA TYPICITÉ EN REJETANT LE DOPAGE

Les vins "putassiers" existent toujours car il y a des acheteurs qui se font "bluffer", mais il y a un revers à la médaille. Le phénomène "vin de garage" se tasse, car l’on se rend compte que ces vins ne tiennent pas la distance. La déception est grande, mais beaucoup plus infime en comparaison de celle d’un consommateur qui a payé une bouteille aujourd’hui sans intérêt à plus de 200 ou 300 e. Si l’on veut être respecté, il faut respecter les autres, en l’occurence les consommateurs. On fabrique donc (quel autre mot pourrait-on employer ? ) ici ou là des vins maquillés, produits comme un drink ou un cocktail. Certains choisissent de faire un vin qui plaît à tout le monde, qui a un goût uniforme, où on se contente de mettre particulièrement le cépage en avant, et c’est bien la preuve que l’on veut escamoter le terroir, ou tout simplement que l’on n’en a pas ! À ce jeu, on ne peutr d’ailleurs pas lutter contre les multinationales du vin. Raison de plus pour ne pas le faire.

À quoi bon surconcentrer les vins, ajouter des levures aromatiques à outrance, un élevage 100% (voire 200%) en barriques neuves quand l'élevage ne doit être qu’un apport, ajouter des copeaux de bois, pratiquer démesurément l’osmose inverse, le micro-bullage ou la micro-oxygénisation, filtrer de plus en plus... Tout cela dépersonnalise les vins et les "aseptise", ces vins encensés par certains, vendus à des prix inadmissibles grâce à cela, ne valent plus tripette au bout de 3 ans quand on les sert dans un verre. Il y a donc de quoi sourire sur ce phénomène de "vins de mode". Comme les OGM, il y a donc ces "VVM" (Vins Vinifiquement Modifiés). À prendre avec humour, bien que ce ne soit pas bien drôle.

On a donc fait des vins de dopage, un point c’est tout. Cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand chose si l’on a pas un terroir. La priorité, c'est laisser s'exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faite la nature, qui n’a besoin de personne... Un bon vigneron, qui fait un bon vin, n’a pas besoin de se justifier ou de se déjuger. Quand on a chance de pouvoir sortir de son terroir un Sancerre "minéral", un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Sauternes issu du Botrytis... on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, de communiquer, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin, ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. L’usage de la barrique peut être incontestablement un plus, encore faut-il savoir le maîtriser.

LA MASCARADE DES CONCOURS OU DES PRIMEURS

Donner son avis sur un grand cru 2005 de Bordeaux 3 mois après les vendanges, ce n'est que de l'esbroufe. On se trouve face à des vins non finis dont le but est de rafler des éloges, des "étoiles", des notes de "95 sur 100" ou "17 sur 20" (et plus, hélas), uniquement pour pouvoir se vendre vite et cher. Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être abruti par le début de son élevage en barriques ?

C’est une mascarade, à laquelle certains critiques, surtout étrangers, qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique même très sérieusement qu’il faudra boire le vin en 2009 ou en 2020. Certains propriétaires feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose. On ne me voit donc pas dans le carnaval des dégustations des "primeurs", par exemple. Idem pour les "concours" qui mélangent des vins jeunes, français et étrangers, totalement différents, favorisant ainsi les vins de vinification plutôt que le terroir, qui a besoin de temps pour s’exprimer. Pour les sélections de mon Guide, il n’y a pas de dégustations factices ou arrangées : je ne déguste que des bouteilles capsulées afin d’éviter ces trop jeunes cuvées de concours spécialement arrangées pour bien sortir. Sinon, je déguste sur place, au château, directement dans les fûts, au hasard.

L’ÉVOLUTION DES VINS DEPUIS LE PREMIER GUIDE

Le paradoxe (ou plutôt, le fait que le hasard n’existe pas), et c’est une évidence que quelques "dégustateurs" ne peuvent pas assimiler, faute de recul, c’est que les très grands vins, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir. C’est la différence inimitable entre les très grands vins racés et les autres bons vins que ce soit en Bourgogne, à Bordeaux, dans la Loire, en Champagne ou ailleurs. Est-ce les vins ou nous-mêmes qui changeons ? J’ai commencé dans le Val de Loire et il y avait déjà autant de bons vins de Chinon ou de Saumur-Champigny, et les meilleurs producteurs sont souvent les mêmes. Il n’y a plus de mauvais goût, souvent dûs à des mauvaises barriques ou à des raisins peu mûrs, et voilà tout. Le nombre de "marques", de châteaux, de domaines, a explosé dans ce laps de temps, puisque, auparavant peu de propriétaires vendaient réellement leur production directement. Il ne faut pas faire d’amalgame. La première chose à comprendre, c’est que la consommation a évidemment changé mais, contrairement à ce que l’on peut prétendre, on ne boit pas réellement moins de vin, mais on ne boit plus les vins de bas de gamme, on s’intéresse aux appellations contrôlées, notamment, aux vrais bons vins, à ceux qui ont une "âme". Les vins sont devenus plus intéressants, on s’informe plus, les consommateurs sont devenus plus matures et s’intéressent plus à ce qu’ils ont dans leur verre (ou dans leur assiette).

Les viticulteurs -j’aime mieux le terme de vignerons- ont évolué eux-aussi. Ils l’ont fait comme d’autres professionnels dans différents secteurs, commerciaux, tertiaires ou industriels, tout naturellement, en mettant à profit les nouvelles connaissances mises à leur disposition. Les producteurs n’ont pas modifié leur façon de vinifier ou d’élever leurs vins pour faire plaisir aux consommateurs comme le prétendent certains, notamment ceux qui tentent d’imposer un vin standardisé. Il est inexact de dire que l’on produit des vins adaptés au goût des consommateurs. La typicité est au contraire revendiquée.

LE PREMIER A CLASSER LES VINS DE FRANCE

Mon Guide des Vins a été sûrement le premier du genre : en 1980, il y avait des livres, mais pas de livres "de terrain", et cela fait des envieux, car nous avons non seulement "tenu la distance", mais augmenté notre influence et notre développement, et considérablement permis de modifier les comportements des consommateurs comme des producteurs. Ce n’est pas si facile de durer et de progresser, ce qui prime c’est la régularité. J’ai été également le premier à remettre en cause (c’était en 1985) le "fameux" Classement des vins du Médoc qui datait de 1855... cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens. Petit à petit, j’ai créé des classements dans toute la France, pour la grande majorité des appellations. Mon expérience me permet en effet d’apprécier réellement le potentiel qualitatif des vins : on ne peut pas juger un vin en le goûtant deux ou trois fois. Il y a des dégustateurs qui arrivent sans expérience et pensent qu’en mettant le nez dans un verre pour la première fois, ils vont tout comprendre. Ils se trompent, car la connaissance passe par le constat de l’évolution d’un vin, par un certain recul : comment était-il y a 5 ans, quel était le maître de chai qui a vinifié le millésime 1988 dans tel château, quelle était la météo à la floraison ou durant les vendanges du millésime 1995 ou du 1982, région par région... c’est cela le vin, c’est ce qui en fait un produit non aseptisé, une histoire complexe qui m’intéresse et me passionne toujours autant depuis 26 ans.

Même si c’est le tout-venant, je me suis toujours refusé à "noter" un vin. C’est pour moi une négation de ce "Sang de la Terre et du Ciel" que de le ramener à l’affubler d’une note comme on le ferait pour une dégustation de petits pois. C’est oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. Mon respect pour le travail des vignerons ne m’incite pas à agir ainsi. Pour avoir du succès, pour durer, en édition comme en vins, l’image ne suffit pas, il faut du concret, du contenu. Le contenu, c’est par exemple, les Classements. Leur but n’est pas de "comparer" tel ou tel cru, mais plutôt de symboliser des "coups de cœur". Aucun Classement n’est à comparer avec un autre, et il ne doit pas avoir de rapprochement entre une région ou une autre.

LE GOÛT DU VIN

Pour moi, le vin n’a jamais été une boisson. Si l’on a soif, il y a l’eau. Le vin, c’est bien un art à part entière. Nul ne peut apprécier un Picasso ou un Van Gogh, le jazz ou l’opéra, une sculpture, une culture différente de la sienne sans un minimum de connaissance. On ne peut aimer les uns et les autres que si l’on comprend le pourquoi des choses et la passion humaine. Et bien, pour le vin, c’est pareil : il faut expliquer pourquoi un Chinon ne ressemble pas à un Gigondas, expliquer le terroir, le cépage, l’alliance de l’un et de l’autre, il faut expliquer encore que le Cabernet franc est différent du Grenache, et conseiller, c’est fondamental, l’accord des vins et des mets, selon les habitudes régionales, les gens, l’humeur... Ce qui compte, c’est l’originalité. En dégustation, un consommateur doit pouvoir reconnaître un Saint-Émilion, un Châteauneuf-du-Pape de par cette diversité des cépages si bien adaptés aux différents terroirs français. La force du vin, c’est d'être un produit vivant et convivial. C’est donc un art de vivre, celui d’aimer la force de la nature, de rêver en lisant quelques vers de poésie, de partager un nectar, en sachant que la qualité passe par la diversité, que l’extase est la même avec un très grand cru ou un vin modeste, puisque seuls comptent le plaisir de l’instant et celui du goût et du partage. Ce goût du vin, c’est avant tout culturel, c’est une question de mémoire collective avec une histoire, une tradition, ce que ne pourra jamais offrir un vin "fabriqué", français ou étranger.

ALLER SUR LE TERRAIN, PARTOUT

Ma sévérité pour sélectionner des crus se passent sur le terrain. Ma force, c’est ma passion. Je suis autant à l’aise avec un grand "seigneur" médocain qu’avec un viticulteur alsacien qui apporte son vin à la coopérative. Je prends autant de plaisir en débouchant un Cahors qu’un 1er Grand Cru Classé de Saint-Émilion, je partage autant d’affinités avec un vigneron du Beaujolais qu’avec une grande "figure" champenoise. Il y a des vins et des vignerons formidables dans tous les coins de France, et il y a les autres, un point c’est tout. Pour moi, en effet, le choix est vite fait.

Je revendique à la fois la subjectivité (qui n’en a pas ?) et l’objectivité (qui peut l’être totalement ?). C’est l’essence même de la nature humaine. On ne voit pas souvent non plus de "dégustateurs" au fin fond de la vallée du Rhône, de la Loire ou de l’Alsace, de la Provence ou de la Bourgogne, un bon nombre se précipitant par contre lors des dégustations de "grands vins". A croire que, pour eux, les 99% du vignoble restant n’ont aucun intérêt. Ce n’est pas notre manière d’agir, nous, nous y allons, par respect, pour l’information, pour la curiosité, pour soutenir, pour écouter. Il suffit de questionner les vignerons pour en avoir la preuve. On me voit sur le terrain, et pas seulement dans les grands crus. Qui d’autre va saluer sur place chaque année, un vigneron au fin fond du Béarn ou de Visan ? Qui d’autre se passionne autant pour un Chinon que pour un grand Pomerol, pour un "simple" Bordeaux Supérieur comme pour l’un des plus beaux Meursault ?

J’ai la chance d’apprécier sincèrement chaque style de vin, du plus simple au plus grand, sans faire de parallèle ni de comparaison. Je ne suis pas blasé. Pas mon genre de perdre le temps d’un déjeuner avec un propriétaire orgueilleux, mais je suis prêt à m’enthousiamer pour un vigneron qui a la foi, pour soutenir un autre qui en a besoin, pour prendre le temps de rencontrer ceux qui m’inspirent ou pour "boire un canon" en toute convivialité. À mes débuts, Emile Peynaud, avec lequel j’ai appris pas mal de choses essentielles, avait écrit un formidable livre justement intitulé le Goût du Vin. C’est avec de tels écrits, comme cet autre extraordinaire Histoire de la Vigne et du Vin en France, de Roger Dion, que l’on comprend pourquoi le vin est l’emblême d’une civilisation, celui d’un raffinement et d’une intelligence, celui d’une osmose entre la nature et l’homme. Le vin, c’est une culture, et donc un véritable patrimoine qui vaut la peine d’être défendu. Il faut soutenir le travail des vignerons qui vont dans le même sens, qui partagent cette même éthique, à savoir le respect de la nature, du terroir, de l’homme, et le plaisir du vin. Ils font un vin à leur image et doivent ensuite faire passer leur message auprès des consommateurs en leur démontrant pourquoi leur propre vin est différent de celui du voisin, pourquoi le vin sent la framboise, la griotte, comment s’exprime un terroir de marnes kimmeridgienne à Chablis, de silex dans la Loire, de molasses calcaires ailleurs, de "crasse de fer" dans le Libournais...

UN VIN, UN VRAI

Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir. Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins "modernes" ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple-type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70% de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui "tiennent" autant de pourcentage de fûts neufs. Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100% en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœureument à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Quel intérêt de boire un vin de Bordeaux qui aurait le même goût qu’un vin du Languedoc, de Chine ou d’Australie. Le vin, ce n’est pas cela, ce n’est pas un jus de bois mais un jus de raisin. Il faut qu’il garde son fruit et de la finesse. Quand on a la chance de pouvoir sortir de son sol un Sancerre "minéral", un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Chambertin marqué par la griotte, un Sauternes issu du Botrytis, un Champagne où la craie apporte cette élégance... on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin,ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis.

Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain.

En 27 ans, j’ai donc eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et respecté cette ligne de conduite (elle est naturelle, je n’ai pas à me forcer). On la poursuit donc, en restant fidèle à ceux, les amateurs comme les vignerons, qui sont humbles face à la force de la Nature. Dans toute la France, il y a de grands vins typés, dans toute la gamme, et sans que l’on soit forcément obligé de payer le prix fort pour avoir le meilleur. Le monde du vin est donc aussi celui du rêve et du plaisir, du partage et des rencontres avec des hommes et des femmes attachants et passionnés. Ce sont ceux-là, les vrais, qui comptent et nous apportent cette pluralité qualitative exceptionnelle, à tous les prix, que toute la planète a bien raison de nous envier. Ces vignerons, on aime bien partager un moment avec eux. Ce qui compte, c’est la durée, le respect et la fidélité. Le temps, la continuité, la régularité qualitative sont les seuls critères de jugement auxquels on peut se fier. Il ne reste donc pas de place pour l’arrogance ou l’envie, ni pour les vins standardisés.

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21 avril 2007

Les meilleurs vigneronsde Loire

Le top 2007 des vins de Loire

       

Par Patrick DUSSERT    le mercredi 21 mars 2007, 20:33       

                 

Le Classement regroupe les vins d’Anjou-Saumur, de Touraine, du Pays Nivernais et du Pays Nantais… Du Sancerre au Muscadet, du Coteaux-du-Layon au Pouilly-Fumé, du Vouvray à Saumur, la région est riche en terroirs et en saveurs, du blanc sec racé à des liquoreux de haute volée, et des vins de mousse tout en finesse. Tous ces vins sont très typés par des sols spécifiques (silex, schistes…) où des cépages très appropriés (Sauvignon, Chenin…) se complaisent à merveille.

Voir les meilleurs vins de l'année : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=VAL-DE-LOIRE

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